Une fois encore, le Cameroun manque le rendez-vous du financement de l’éducation. Malgré des engagements clairs et répétés, la Loi de finances 2026 consacre à peine 14,57 % du budget national au secteur éducatif, loin des promesses gouvernementales.
Sur un budget global de 8 683,9 milliards de FCFA, l’État camerounais n’alloue que 1 168,828 milliards de FCFA aux ministères en charge de l’éducation, de la formation, de la jeunesse et de la recherche. Ce niveau de financement confirme une tendance préoccupante : l’éducation ne figure toujours pas parmi les priorités budgétaires réelles du pays, en dépit de son rôle stratégique dans le développement économique et social.
Une répartition déséquilibrée, des besoins criants
La structure du budget sectoriel interroge. Plus de la moitié de l’enveloppe est absorbée par le ministère des Enseignements secondaires (52,5 %), tandis que le primaire, socle du système éducatif et pilier de l’équité, ne bénéficie que de 28,5% à travers le MINEDUB.
Le supérieur se contente de 12,6 %, alors que la formation professionnelle, l’insertion des jeunes et la recherche scientifique – pourtant essentielles à l’employabilité et à l’innovation – restent confinées à des parts marginales, autour de 3 % chacune.
Des promesses répétées, jamais respectées
Cette situation est d’autant plus préoccupante que le Cameroun a pris des engagements internationaux clairs. En 2018, puis en 2021, lors des sommets du Partenariat mondial pour l’éducation, le gouvernement s’était engagé à consacrer près de 18,5 % du budget national à l’éducation et à la formation.
En 2026, ces promesses demeurent lettre morte. La légère hausse du budget sectoriel (+1,03 % par rapport à 2025) ne saurait masquer la réalité : depuis au moins cinq ans, l’éducation est systématiquement sous-financée, au mépris des engagements pris et des besoins du terrain.
Financer l’éducation, une urgence nationale
Le sous-financement chronique de l’éducation compromet directement l’atteinte de l’Objectif de développement durable 4, fragilise la qualité des apprentissages, aggrave les inégalités et hypothèque l’avenir de millions d’enfants et de jeunes camerounais.